Joué le 8 mars 2021, Redécouvre Les Classiques proposait un voyage bilingue, en français et en anglais, à travers plusieurs grandes œuvres du théâtre et de la littérature. Construit autour de l’amour, de la haine et des promesses qui unissent deux êtres, le spectacle mettait à l’épreuve les grands vœux d’une union : s’aimer dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme dans la peine, dans la richesse comme dans la pauvreté, et rester fidèle jusqu’à ce que la mort nous sépare. Le voyage commence avec Roméo et Juliette. Dans la célèbre scène du balcon, les deux jeunes amants tentent de faire triompher leur amour malgré la haine qui oppose leurs familles. Mais le stratagème imaginé par Frère Laurence pour permettre à Juliette d’échapper à son mariage avec Paris se heurte à un terrible imprévu : le message destiné à Roméo ne peut pas lui parvenir, transformant leur histoire d’amour en tragédie. Avec Le Mariage de Figaro, le spectacle explore ensuite l’envers moins romantique de la vie conjugale. À la veille de leurs noces, Suzanne révèle à Figaro les véritables intentions du comte Almaviva. Derrière la chambre offerte au jeune couple se cachent le pouvoir, la séduction et les intérêts financiers. L’amour doit alors apprendre à composer avec les inégalités sociales et la manipulation. Dans Dial M for Murder, une tentative de meurtre tourne mal. Margot parvient à tuer l’homme qui cherchait à l’étrangler, mais le comportement étrange de Tina laisse progressivement apparaître une vérité beaucoup plus inquiétante derrière ce prétendu accident. Avec La Voix humaine de Jean Cocteau, une femme vit les derniers instants de son histoire d’amour au téléphone. Seule face à une voix qui lui échappe, elle tente de conserver sa dignité alors que la rupture la conduit peu à peu au désespoir. Enfin, dans un extrait de Man and Superman de George Bernard Shaw, Don Juan, le Diable et la Statue se retrouvent dans l’au-delà pour débattre de l’amour, de la beauté, du libre arbitre et du sens de l’existence. Don Juan refuse de se laisser porter sans but : pour lui, vivre revient à choisir une direction plutôt qu’à dériver. Cette confrontation philosophique et pleine d’ironie vient ainsi refermer le spectacle sur la frontière mouvante entre le paradis et l’enfer, le plaisir et la connaissance, la liberté et le destin. Une création théâtrale mêlant passion, humour, tragédie, suspense et réflexion, qui faisait dialoguer les classiques au-delà des langues et des époques. La soirée s’est poursuivie avec un spectacle d’improvisation de la troupe anglophone The Parentheticals. Mise en scène par Candice Desmet.